Philippe ARDANT, Olivier DUHAMEL, Marc GUILLAUME - La nouvelle Ve République - présentation du numéro
Pouvoirs n°99 - La nouvelle Ve République - novembre 2001 - p.5-6
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/La-nouvelle-Ve-Republique.html
Philippe ARDANT, Guy CARCASSONNE, Dominique CHAGNOLLAUD, Dominique ROUSSEAU, Georges VEDEL - La responsabilité pénale du président français. Réponses à deux questions
Pouvoirs n°92 - La responsabilité des gouvernants - janvier 2000 - p.61-75
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/La-responsabilite-penale-du.html
Philippe ARDANT, Olivier DUHAMEL - La dyarchie
Pouvoirs n°91 - La cohabitation - septembre 1999 - p.5-24
Le chemin fut long, les conditions nombreuses pour que la question de la
cohabitation puisse se poser. La comparaison des trois épisodes cohabitationnistes
révèle une grande constante : l’inversion de la dyarchie, la suprématie
du Premier ministre. L’enquête auprès des acteurs confirme cette
constance et en précise les modalités.
Abstract
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/La-dyarchie.html
Philippe ARDANT - Les constitutions et les libertés
Pouvoirs n°84 - La liberté - janvier 1998 - p.61-74
Les liens des libertés avec les constitutions sont aussi anciens que les constitutions
elles-mêmes. Si on a obtenu de les y inscrire, c’est pour les placer au
centre de l’édifice constitutionnel et leur assurer la protection la plus efficace
contre le pouvoir. Si toutes les libertés n’ont pas été admises dans les constitutions,
elles y voisinent aujourd’hui avec toutes sortes de « droits » dont la
multiplication leur enlève beaucoup de force.
Abstract
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Les-constitutions-et-les-libertes.html
Philippe ARDANT - Les monarchies - Introduction
Pouvoirs n°78 - Les monarchies - septembre 1996 - p.5
La monarchie règne sans partage, ou presque, sur l’histoire des sociétés
humaines. Il y a un siècle à peine l’Europe était monarchique, aux seules
exceptions notables de la France et de la Suisse. Mais déjà avec la progression
de l’idéal démocratique, qui paraissait ne pouvoir se réaliser que
dans la république, on croyait cette forme de gouvernement condamnée.
Pourtant l’ironie de l’histoire fait qu’aujourd’hui les plus démocratiques
des sociétés contemporaines soient souvent dotées d’institutions
monarchiques. Et celles-ci, loin d’être des archaïsmes tolérés, peuvent être
bien vivaces ; intégrées et acceptées, elles ne sont guère menacées à court
terme. Le constat mérite qu’on y regarde de plus près.
Certes, si la forme monarchique est présente sur tous les continents
– en dehors de l’Amérique où la greffe à travers des expériences tragiques
n’a jamais pris –, elle recouvre des situations fort différentes, allant de
l’absolutisme le plus fermé à la présence, ornementale en quelque sorte, de
références à la royauté dans les textes constitutionnels. N’ont d’intérêt
théorique que les systèmes où monarchie et démocratie coexistent pour
donner naissance à une forme mixte de gouvernement ; l’étude peut se
limiter à eux.
La formule n’est réussie que si le roi règne mais ne gouverne pas.
L’hérédité est à la fois sa faiblesse et sa force, elle lui retire en légitimité ce
qu’elle lui confère en indépendance à l’égard des partis, des factions et des
groupes. Sans pouvoir autre que d’influence, recours offert parfois en cas
de crise grave, symbole de l’unité de la nation et incarnation respective de
ses valeurs et de ses vertus, le monarque constitue une pièce très voyante
d’un système institutionnel dont les autres rouages sont issus de l’élection.
Pourtant si la monarchie subsiste, ici et là, elle ne se reproduit pas, les
États anciens ne l’adoptent pas plus que les nouveaux, et, lorsqu’elle a disparu,
s’il lui arrive de ressusciter c’est pour peu de temps. En effet, pour
s’épanouir, la monarchie doit pousser ses racines loin dans le passé et trouver
un appui dans la religion ; aussi, lorsque le fil est rompu, il ne parvient
pas à se renouer.
S’il apparaît à l’expérience que la monarchie n’est pas incompatible
avec la démocratie, comment ne pas constater, en sens inverse en quelque
sorte, l’exemple de la France étant là pour le montrer, que la république
est parfois portée à se revêtir des vêtements de la monarchie, conférant au
chef de l’État un pouvoir que pourraient lui envier bien des monarques
contemporains.
PHILIPPE ARDANT
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Les-monarchies-Introduction.html
Philippe ARDANT - La IVe République - Introduction
Pouvoirs n°76 - La IVe République - janvier 1996 - p.5
Il en est des régimes politiques comme de ceux qui les dirigent, certains
sont mal aimés et non pas tant pour leurs fautes, leurs erreurs et
leurs échecs, que pour n’avoir pas su répondre aux attentes diffuses
des citoyens, pour n’avoir pas défini de projets mobilisateurs ou,
peut-être plus simplement, pour avoir été incapables de faire comprendre
leur action. La IVe République est du nombre. Dès sa naissance,
alors que les régimes nouveaux soulèvent en général espoir et
enthousiasme, elle n’a suscité qu’une adhésion réticente et en quelque
sorte résignée : sa Constitution était présentée comme la moins mauvaise
possible et certains invitaient les Français à l’approuver pour pouvoir
ensuite la modifier. Mauvais départ dont la IVe République ne
s’est à aucun moment remise ; jamais vraiment adoptée, elle est morte
dans une quasi-indifférence, moins de douze ans après avoir vu le jour.
Pourtant, un demi-siècle plus tard, on ne peut s’empêcher
d’éprouver un sentiment d’injustice devant la sévérité dont elle est
l’objet. Reconstruction et modernisation d’une économie dévastée,
mise en place de la Sécurité sociale, invention de la TVA, amorce de
l’édification européenne, décolonisation d’abord contrainte puis courageusement
poursuivie : le bilan de la IVe République – pour s’en
tenir à ces seules réussites – n’est pas négligeable. Et ses traces sont inscrites
en profondeur dans la société française d’aujourd’hui et constituent
encore des axes majeurs de notre politique.
En effet, alors qu’entre 1946 et 1948 le pays assistait passif à la
recherche vaine de majorités assez cohérentes pour être durables,
dans le personnel politique quelques hommes d’envergure, et dans
l’Administration de grands commis, ont défini des politiques ambitieuses
et ont réussi à les imposer et à les mettre en oeuvre à travers
les péripéties de la vie politique.
Car en définitive si l’image de la IVe République est négative,
c’est, semble-t-il, moins aux institutions et aux hommes qu’elle le doit
qu’au souvenir du jugement de contemporains marqués par l’instabilité
gouvernementale et inconscients en même temps des défis nouveaux
rencontrés et souvent surmontés par le régime au lendemain
de la guerre. Peut-être la IVe République mérite-t-elle au moins
qu’on s’interroge sur sa réhabilitation ? PHILIPPE ARDANT
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/La-IVe-Republique-Introduction.html
Philippe ARDANT - La laïcité - Introduction
Pouvoirs n°75 - La laïcité - novembre 1995 - p.5
La France est l’un des très rares pays où la laïcité soit posée comme
un des principes fondateurs de l’État, comme une valeur républicaine
complétant en quelque sorte la trilogie de 1789 : liberté, égalité, fraternité,
laïcité.
Si l’on s’est affronté autour des trois premières, la laïcité seule a
divisé le pays en deux camps, suscité des oppositions aussi extrêmes et
des mobilisations aussi larges.
Pourquoi cette particularité française ? Bien sûr, l’histoire à
travers ses batailles et nos différends idéologiques, mais aussi les
interrogations sur la place et le statut de la religion dans la société
fournissent les explications majeures. Mais comment ne pas relever en
même temps que, curieusement, l’objet des combats est resté imprécis
tant était incertaine la conception même de la laïcité ? Napoléon
y trouvait un moyen de subordonner le religieux au politique,
d’autres au contraire y voyaient l’expression de la nécessaire neutralité
en face du problème religieux, alors que certains lui conféraient
un fondement rationnel, permettant de définir une morale sociale
avec les hésitations inévitables sur son contenu. Les uns étaient simplement
anticléricaux, d’autres s’affirmaient antireligieux.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Le climat s’est apaisé. La querelle
scolaire, zone des plus fortes turbulences, depuis plus d’un siècle, a
trouvé dès la IVe République dans le droit un certain nombre
d’accommodements, qui ne permettent cependant pas de dire qu’elle
est définitivement éteinte. Les manifestations de 1984 et de 1994 ne
révèlent-elles pas une mémoire encore en éveil et prête à ranimer la
flamme ? Et le débat lui-même réapparaît en se déplaçant comme le
prouve la question du « foulard islamique », engendrant de façon
inattendue une alliance entre les milieux de droite et de gauche
pourtant adversaires de toujours dans la lutte pour la laïcité.
Comme souvent, en sortant de l’hexagone nous comprenons
mieux nos problèmes, dans leur spécificité et dans leur universalité.
D’autant que l’expansion de nouveaux intégrismes repose la question
de la laïcité. PHILIPPE ARDANT
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/La-laicite-Introduction.html
Philippe ARDANT, Hugues PORTELLI - La démocratie municipale - Introduction
Pouvoirs n°73 - La démocratie municipale - avril 1995 - p.5
Esquissée il y a des siècles dans des Cités-États, l’histoire de la démocratie
s’est épanouie plus près de nous dans les communes. C’est là que les
hommes ont compris ses exigences, expérimenté ses procédures, découvert
ses difficultés ; les communes ont été le premier laboratoire de la démocratie.
La grande affaire fut alors de l’inscrire dans des sociétés plus vastes et cet
effort a fait quelque peu négliger l’étude des réalisations démocratiques à
l’échelon municipal, pourtant beaucoup plus proche des préoccupations du
citoyen ordinaire. La décentralisation, renvoyant depuis une vingtaine
d’années en France aux communautés de base des attributions jusqu’alors
confiées à l’État, rend nécessaire et urgente la reprise de la réflexion sur la
façon dont la démocratie est mise en oeuvre et vécue aujourd’hui dans les
communes. C’est l’ambition de ce numéro à travers les études qui suivent.
Comment la démocratie s’inscrit-elle dans le gouvernement de la
commune ? La question est dérangeante car elle conduit à se demander si
parfois ce gouvernement ne prend pas une forme monarchique. Mais
les témoignages de deux maires, l’un d’un village, l’autre d’une ville
moyenne, ramènent le phénomène à ses justes proportions et il faut bien
reconnaître d’autre part que le système actuel d’élection du conseil municipal
et la volonté du législateur, dans des textes récents, donnent à l’opposition
les moyens de jouer son rôle de contre-pouvoir.
La démocratie, c’est aussi l’information ; les municipalités l’ont compris
qui recourent largement aux nouvelles techniques de communication,
facilitant ainsi le contrôle politique de l’action des autorités municipales en
complément des procédures administratives, juridiques et financières traditionnelles,
sur l’efficacité desquelles il faut peut-être s’interroger. La
spectaculaire multiplication des « affaires » révèle en effet des dysfonctionnements
qui échappent à l’attention des autorités de contrôle.
Mais il ne s’agit pas seulement de contrôler ; il faut aussi décider. A travers
des exemples de politiques publiques dans le domaine culturel, c’est le
fonctionnement concret de la démocratie municipale qui est démontré.
Le panorama serait très incomplet si un regard n’était jeté sur la façon
dont, hors de nos frontières, nos voisins ont trouvé leurs propres réponses
aux questions que nous nous posons.
La démocratie municipale est bien vivante, elle se transforme, elle
s’adapte, c’est là, semble-t-il, l’une des leçons de ce numéro.
PHILIPPE ARDANT, HUGUES PORTELLI
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/La-democratie-municipale.html
Philippe ARDANT, Jean-Marie BOUISSOU - Le nouveau Japon - Introduction
Pouvoirs n°71 - Le nouveau Japon - novembre 1994 - p.7
Depuis le premier numéro que POUVOIRS lui a consacré voici
presque dix ans, le Japon a formidablement conforté son statut de superpuissance
économique, au point d’être aujourd’hui rattrapé par son destin
mondial. L’internationalisation de son économie ne lui permet plus
de maintenir le système de collusion et de protection qui isolait artificiellement
son marché. La crise aidant, à laquelle il n’a pas échappé, son
modèle est remis en question (G. FAURE) et avec lui la pratique des relations
sociales intégrées dans le cadre de cet « État corporatiste » forgé
depuis vingt ans par le parti gouvernemental PLD et l’administration.
Après la restructuration complète d’un mouvement syndical durement
éprouvé par la désaffection des salariés (A. GARANTO), c’est au tour du
système politique de se décomposer, sans qu’il soit encore possible de définir
avec certitude les axes de sa réorganisation (J.-M. BOUISSOU). Mais
il est certain que le débat sur le rôle international du Japon, entre ceux
qui veulent le doter de tous les attributs et des moyens d’une superpuissance
vraiment souveraine et ceux qui voudraient lui voir jouer le
rôle d’une « puissance civile » (S. TAKAYANAGI), constitue une ligne de
clivage essentielle autour du problème de la révision constitutionnelle
(Y. HIGUCHI).
Bien des rigidités demeurent, et les forteresses corporatistes ne se laisseront
pas démanteler aisément. Entre « État mercantiliste » et « nouvel
État civil », entre son rôle traditionnel au service de l’hégémonie américaine
et l’appel de l’Asie, on ne peut pas dire avec certitude quel avenir
le Japon va se choisir (C. SAUTTER). Mais on y voit émerger
aujourd’hui les prémisses d’une nouvelle culture politique et d’une nouvelle
pratique « micropolitique » (E. SEIZELET) enracinée dans l’activisme
au quotidien d’une multitude de réseaux où se vit déjà une « nouvelle
citoyenneté » libérale, à l’opposé des modèles autoritaires que
l’Occident associe traditionnellement à la société japonaise (N. KAN).
De même, face à l’émergence de rivaux dans son environnement
régional immédiat, il est sûr que l’analyse doit se débarrasser des clichés.
Lentement, mais sûrement, sa puissance économique commence à se
traduire en autorité et en capacité politique, nolens mais aussi bien
volens. Sa réussite économique et celle de l’Asie tout entière obligent le
Japon à se forger un destin qui, entre Orient et Occident, a vocation
mondiale (M. SADRIA). Forcément mondiale…
PHILIPPE ARDANT, JEAN-MARIE BOUISSOU
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Le-nouveau-Japon-Introduction.html
Philippe ARDANT, Olivier DUHAMEL - Qui gouverne la France ? - Introduction
Pouvoirs n°68 - Qui gouverne la France ? - janvier 1994 - p.5
Le premier numéro de Pouvoirs publié aux Éditions du Seuil
cherche à préciser Qui gouverne la France ? Dix auteurs répondent,
chacun analysant une institution ou un problème et tous dénonçant
au passage quelques idées trop vite reçues. Les descendants des
Gaulois ne sont pas ingouvernables, mais notre peuple est parfois mal
gouverné et a toujours du mal à se gouverner. Le président est tantôt
tout, tantôt presque rien, Matignon fait toujours, à peu près tout,
même hors cohabitation, la majorité parlementaire est, en toute
hypothèse, rudement gouvernée, Bercy dispose de multiples pouvoirs
mais aime obéir. Le poids des cabinets n’a cessé de s’étendre, au
détriment de l’administration. Celui des juges aussi, mais pour
contribuer au gouvernement du Droit, caricaturé en Gouvernement
des juges. La contrainte économique est une fabrication politique
pour masquer les débats et éviter les arbitrages. La contrainte médiatique
n’est pas là où on la voit, la République des médias est parfois
ridicule mais sûrement plus ouverte qu’on n’aime à le dire. Quant à
l’élite qui gouverne le pays, de Birnbaum à Bourdieu on a su dire
combien elle était fermée. Et cette idée bien établie n’est malheureusement
pas démentie. PHILIPPE ARDANT OLIVIER DUHAMEL, directeurs-fondateurs de Pouvoirs
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Qui-gouverne-la-France.html
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