Jean-Marie BOUISSOU - Une spécificité japonaise?
Pouvoirs n°88 - La politique étrangère aujourd’hui - janvier 1999 - p.93-105
La politique extérieure du Japon donne lieu aux interprétations les plus opposées.
Cet article propose une grille de lecture à quatre dimensions : les
contraintes géostratégiques à l’échelle du temps long, le statut de puissance
régionale et la stratégie de subordination volontaire qui en résulte, la dialectique
de cette stratégie et de la défense des intérêts nationaux, et l’effort
pour se libérer des contraintes géographiques par la « doctrine de sécurité globale
». Mais la manière dont le Japon utilise sa puissance économique comme
un simple substitut des instruments diplomatico-militaires montre qu’il n’a
pas tiré les conséquences des postulats qui sous-tendent cette doctrine.
Abstract
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Une-specificite-japonaise.html
Jean-Marie BOUISSOU - Japon : la fin des turbulences ?
Pouvoirs n°82 - Femmes en politique - septembre 1997 - p.175-185
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Japon-la-fin-des-turbulences.html
Philippe ARDANT, Jean-Marie BOUISSOU - Le nouveau Japon - Introduction
Pouvoirs n°71 - Le nouveau Japon - novembre 1994 - p.7
Depuis le premier numéro que POUVOIRS lui a consacré voici
presque dix ans, le Japon a formidablement conforté son statut de superpuissance
économique, au point d’être aujourd’hui rattrapé par son destin
mondial. L’internationalisation de son économie ne lui permet plus
de maintenir le système de collusion et de protection qui isolait artificiellement
son marché. La crise aidant, à laquelle il n’a pas échappé, son
modèle est remis en question (G. FAURE) et avec lui la pratique des relations
sociales intégrées dans le cadre de cet « État corporatiste » forgé
depuis vingt ans par le parti gouvernemental PLD et l’administration.
Après la restructuration complète d’un mouvement syndical durement
éprouvé par la désaffection des salariés (A. GARANTO), c’est au tour du
système politique de se décomposer, sans qu’il soit encore possible de définir
avec certitude les axes de sa réorganisation (J.-M. BOUISSOU). Mais
il est certain que le débat sur le rôle international du Japon, entre ceux
qui veulent le doter de tous les attributs et des moyens d’une superpuissance
vraiment souveraine et ceux qui voudraient lui voir jouer le
rôle d’une « puissance civile » (S. TAKAYANAGI), constitue une ligne de
clivage essentielle autour du problème de la révision constitutionnelle
(Y. HIGUCHI).
Bien des rigidités demeurent, et les forteresses corporatistes ne se laisseront
pas démanteler aisément. Entre « État mercantiliste » et « nouvel
État civil », entre son rôle traditionnel au service de l’hégémonie américaine
et l’appel de l’Asie, on ne peut pas dire avec certitude quel avenir
le Japon va se choisir (C. SAUTTER). Mais on y voit émerger
aujourd’hui les prémisses d’une nouvelle culture politique et d’une nouvelle
pratique « micropolitique » (E. SEIZELET) enracinée dans l’activisme
au quotidien d’une multitude de réseaux où se vit déjà une « nouvelle
citoyenneté » libérale, à l’opposé des modèles autoritaires que
l’Occident associe traditionnellement à la société japonaise (N. KAN).
De même, face à l’émergence de rivaux dans son environnement
régional immédiat, il est sûr que l’analyse doit se débarrasser des clichés.
Lentement, mais sûrement, sa puissance économique commence à se
traduire en autorité et en capacité politique, nolens mais aussi bien
volens. Sa réussite économique et celle de l’Asie tout entière obligent le
Japon à se forger un destin qui, entre Orient et Occident, a vocation
mondiale (M. SADRIA). Forcément mondiale…
PHILIPPE ARDANT, JEAN-MARIE BOUISSOU
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Le-nouveau-Japon-Introduction.html
Jean-Marie BOUISSOU - Décomposition et recomposition politique
Pouvoirs n°71 - Le nouveau Japon - novembre 1994 - p.25-42
La décomposition politique suscite des interprétations très opposées. Ceux
qui pensent que « rien n’a changé » soulignent l’apathie de l’électorat, le
contrôle du « changement » par les conservateurs, une réforme électorale
surtout profitable aux sortants et le pouvoir croissant de l’administration
favorisé par le vide politique. Néanmoins, les élections de 1993 constituent
une victoire probablement définitive du Japon des grandes villes et des
adversaires de l’État corporatiste sur le conservatisme traditionnel. En ce
sens, elles ont créé une situation où désormais « tout est possible » dans un
contexte très instable.
Abstract
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Decomposition-et-recomposition.html
Naoto KAN, Jean-Marie BOUISSOU - Point de vue d’un mutant
Pouvoirs n°71 - Le nouveau Japon - novembre 1994 - p.67-72
Naoto Kan est un député non conventionnel, formé à l’école du mouvement
de 1968 et des « mouvements de citoyens ». Élu depuis 1980 dans la banlieue
de Tokyo par un électorat typique de salariés urbains, il s’appuie sur le
« Japon des réseaux » : coopératives de consommation autogérées, organisations
écologistes… Selon lui, cette mouvance va jouer un rôle exemplaire
dans la recomposition politique, qui sera l’occasion de voir émerger un libéralisme
soucieux des droits individuels, de justice sociale, de défense de
l’environnement et qui rejette les modèles autoritaires d’organisation.
Abstract
Pour citer cet article : http://www.revue-pouvoirs.fr/Point-de-vue-d-un-mutant.html
|