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Argentine

Pouvoirs n°125 - 1er octobre - 31 décembre 2007

23 octobre 2007. Ancien président. L’ancien président Fernando de La Rua, 70 ans, au pouvoir du 10 décembre 1999 au 21 décembre 2001, est mis en examen pour sa responsabilité présumée dans la mort de 5 manifestants lors d’émeutes réprimées par la police en décembre 2001. Il avait démissionné à la suite de ces émeutes.

28 octobre 2007. Élections législatives et présidentielle. Cristina Fernández de Kirchner, 54 ans, sénatrice, avocate, épouse du président sortant Nestor Kirchner, candidate peroniste, est élue pour quatre ans avec 44,8 % des suffrages, devançant largement Elisa Carrió, 50 ans, ancienne professeure de droit, chrétienne de centre gauche à la tête de la Coalition civique, candidate en 2003, ancienne membre du parti radical, fondatrice de l’Alternative pour une République d’égaux (ARI), qui n’obtient que 23,13 % des voix, et Roberto Lavagna, ancien ministre de l’Économie, remercié par Nestor Kirchner fin 2005. Le cinéaste Fernando Solanas, 71 ans, Projet Sud (socialistes, syndicalistes, centre gauche), PSA (Parti socialiste authentique) n’arrive que cinquième avec 1,6 % des voix.
Le 10 décembre, Cristina Fernández de Kirchner entre en fonction avec Julio Cobos comme vice-président. Certains pensent que cela pourrait préparer un retour de son mari en 2011. Celui-ci était président depuis le 25 mai 2003.
C’est la première femme élue à la présidence. Le 1er juillet 1974, Isabel Martinez de Peron, troisième épouse du général Juan Domingo Peron, avait assumé la présidence à la mort de son mari dont elle était la vice-présidente.
Suite au renouvellement de la moitié (130) de la Chambre des députés, le Front pour la victoire a désormais la majorité absolue ; la Chambre compte désormais 131 (+20) députés Front pour la victoire-Parti justicialiste, 29 (-5) Alliés Kirchner, 22 (+8) Affirmation pour une République égalitaire-Coalition civique [gauche], 10 (+5) Parti socialiste, 28 (-8) Union civique radicale, 5 (-6) UNA, 7 (+1) Justicialistes dissidents, 11 (=) PRO (Initiative républicaine d’alliance, centre droit), et 19 autres (-15), essentiellement des candidatures provinciales. Il continue à dominer le Sénat avec 45 sénateurs sur 72.
Les élections pour un tiers du Sénat ont lieu dans les provinces de Buenos Aires, Chaco, Cordoba, Entre Rios, Neuquen, Rio Negro, Salta, Santiago del Estero et Terre de Feu. Le Front pour la victoire-Parti justicialiste domine également le Sénat avec 41 (+1) sièges. Les autres élus sont 7 (+3) Alliés Kirchner, 9 (-6) Union civique radicale, 5 (+4) Coalition civique-Parti socialiste, 4 (=) dissidents justicialistes et 6 (-2) autres, essentiellement représentants de partis provinciaux.

18 décembre 2007. Dictature. Pour la première fois depuis l’annulation des lois d’amnistie en 2005, un ancien chef de l’armée de terre, Cristino Nicolaides, absent du tribunal pour raisons de santé, est condamné à vingt-cinq ans de prison pour enlèvements et disparition de 5 membres de la guérilla peroniste des Montoneros pendant la dictature. Un ex-policier est condamné à vingt ans de prison.
Le 24 décembre, une juge italienne lance des mandats d’arrêt contre 140 officiers sud-américains impliqués dans le plan Condor. Ils sont soupçonnés de complicité dans le meurtre de 25 Italiens tués en Amérique latine.
300 civils et militaires attendent d’être jugés. La mort suspecte de Hector Febres, militaire de la préfecture navale, le 10 décembre dans sa cellule d’un centre de rétention de l’armée crée quelques troubles. Le disparu jouissait de conditions privilégiées de détention.

Pouvoirs n°130 - 1er janvier - 31 mars 2009

27 février 2009. Droit pénal militaire. Mise en œuvre par la ministre de la Défense, Nilda Garré, avocate proche de la présidente Kirchner, une réforme vise la justice militaire. Les militaires qui commettront des délits en temps de paix ne seront plus jugés par leurs pairs, comme cela figurait dans l’ancien code militaire de 1951, mais par des tribunaux civils. La peine de mort est abolie et l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit.

Pouvoirs n°131 - 1er avril - 30 juin 2009

28 juin 2009. Élections législatives. 28 millions d’électeurs étaient appelés à renouveler la moitié de la Chambre des députés et le tiers du Sénat (pour les provinces de Chubut, Cordoba, Corrientes, La Pampa, Mendoza, Santa Fe et Tucuman). Le couple Kirchner subit un échec certain alors qu’il faisait de ce scrutin un plébiscite. Le parti de la présidente Cristina Kirchner, péroniste, dirigé par son mari Néstor Kirchner, ancien président de la République de 2003 à 2007, perd la majorité absolue dans les deux chambres et subit un échec dans les principales circonscriptions du pays (Buenos Aires, Santa Fe, Cordoba, Mendoza). Il perd même la province de Santa Cruz, province natale de Néstor Kirchner dont celui-ci fut trois fois gouverneur. L’opposition menée par l’alliance Union Pro à Buenos Aires et dans ses faubourgs, réunissant des péronistes dissidents, des libéraux proches du maire de Buenos Aires Mauricio Macri, et par l’Alliance civique et sociale (centre gauche) dans le reste du pays, recueille 70 % des voix contre 30 % pour le parti au pouvoir ; mais cette opposition est divisée entre péronistes ayant abandonné les Kirchner, sociaux-démocrates, socialistes et petits partis de gauche. Le couple Kirchner paie, entre autres, son intransigeance dans le conflit qui l’a opposé au monde rural sur la taxe sur les exportations de soja.
À Buenos Aires, la liste du parti péroniste était menée par l’ancien président Néstor Kirchner, époux de la présidente Cristina Kirchner, le gouverneur Daniel Scioli et l’actrice Nacha Guevara, qui a interprété Eva Peron, en troisième place. Le principal adversaire de Néstor Kirchner est un péroniste dissident, Francisco de Narvaez, milliardaire d’origine colombienne − ce qui l’empêchera d’être candidat à la présidence de la République −, soupçonné de liens avec les narcotrafiquants, incarnant le retour, au sein du parti péroniste dont il a été député en 2005, des idées néolibérales de l’ancien président Carlos Menem, au pouvoir de 1989 à 1999. Il s’est allié à l’ancien gouverneur Felipe Sola et à Mauricio Macri, maire de droite de la capitale. Néstor Kirchner, candidat à la députation avec 32,1 %, est battu par Francisco de Narvaez, qui recueille 34,5 %. Il annonce qu’il renonce à diriger le Parti justicialiste (péroniste).
Dans la province de Santa Fe, l’ancien champion automobile Carlos Reutemann est réélu sénateur péroniste contre les candidats pro-Kirchner. Il pourrait être candidat à la présidentielle de 2011.